jeudi 25 octobre 2007

Look et collègues de bureau

La Peltag a été interrogée par un usager de la mode sur une question fondamentale: comment se distinguer de ses collègues quand ceux-ci arborent un look incroyable?

Voici sa requête:

"LES FAITS
Ma collègue de bureau arbore un look incroyable, quotidiennement renouvelé.
Les avis de la PELTAG n'ont plus de secret pour elle. Pire : elle pousse le vice jusqu'à porter des accessoires classes, et humilie tout l'open space en faisant preuve d'une régularité vexante dans l'intelligence de ses choix.

LA QUESTION
Comment faire face à cet affront quotidien ? Si je copiais ses tenues, je passerais aux yeux de tous pour l'insignifiant follower que je ne suis pas.
Quel look différent pourra-t-il donner le change à son look incroyable ? (qui n'a de pair que la stabilité avec laquelle elle l'arbore)"

Cette question est cruciale. En effet, lorsqu'on prépare un look pour une soirée ou un évènement particulier, la notion de 'one shot' du look nous rend confiant dans l'idée qu'il sera très improbable que l'on croise quelqu'un qui porte le même look ou un look très approchant. Le milieu professionnel nous place dans une perspective complètement opposée: comme le souligne cet usager, non seulement il nécessite que l'on s'habille TOUS LES JOURS avec style, mais en plus, l'humiliation potentielle d'être looké comme un ou une collègue est quotidienne, et le stress qui en découle profond et très usant. Certes, certains milieux requièrent plus que d'autres que l'on ait un style parfait car les collaborateurs d'une SSII sont moins dangereux du point de vue look que ceux d'un bureau de style. Mais dans tous les cas, on peut être confronté à la délicate situation dans laquelle se trouve l'usager déboussolé qui nous écrit.

La recommandation de la Peltag à cet usager est donc la suivante:

* tout d'abord, il est vain d'essayer de surpasser la collègue en question: elle a l'air très bien informée (et manifestement sa lecture de ce blog y est pour quelque chose) et il semble difficile de pouvoir la battre sur son propre terrain. Trouver un accessoire plus incroyable, plus inédit, plus classe, peut lancer dans une course frénétique et assez vaine, qui n'est sans doute pas la meilleure solution.

* l'idée directrice doit être de jouer la démarcation. En effet, si elle se place sur le registre du classe chic, sobre et très efficace, il faut essayer de la battre sur le terrain de l'originalité et de l'audace. Il faut en fait étudier précisément son look pour voir où se trouvent non ses lacunes (car elle semble ne pas en avoir et être sûre de ses goûts) mais ses préférences mineures pour s'engouffrer dans cette brèche. Il ne s'agit évidemment pas de porter une jupe longue vert pomme sous prétexte que c'est 'original' et qu'elle n'en a jamais porté (et c'est avec raison), mais plutôt d'apprendre à manier un langage mode différent qui singularisera l'individu. Je n'ai pas assez d'éléments sur le style de la collègue de cet usager pour donner des indications plus précises, mais il est évident que chacun privilégie une tendance de styles à une autre et qu'il existe toujours des styles inexplorés mais intéressants.

* à côté du travail sur son propre look, l'usager en question peut aussi travailler sur sa relation avec sa collègue pour 'soulager' son angoisse. Deux stratégies peuvent alors s'appliquer.
La première est la stratégie de la 'mégère', pas forcément reluisante mais assez jouissive. Elle consiste à relever méticuleusement tous les détails du look quotidien de sa collègue: elle finira bien un jour par porter le même pull incroyable dans la même combinaison de look, commettre une erreur d'inattention sur l'assortiment des ses boucles d'oreilles à sa coiffure ou porter un vêtement légèrement élimé ou usé en espérant que personne ne le remarquera. C'est à ce moment qu'il faudra placer une remarque cynique et bien sentie qui l'humiliera devant tous ses collègues. ATTENTION: cette technique est assez périlleuse et ne peut être pratiquée que pas les usagers de la mode assez confiants en eux-mêmes et capables de faire face au sens de la répartie potentiel de la collègue en question.
La deuxième stratégie conviendra sans doute mieux aux usagers qui ne s'en sentent pas capables. Elle consiste à être gentil et à se faire une amie de la collègue en question. Par amie, il ne faut pas entendre nécessairement confidente ou proche, mais fashion friend. En lui faisant des remarques valorisantes sur son look, si possible argumentées par des idées susceptibles de l'intéresser tout particulièrement (par exemple: 'Super ta combinaison, la Peltag dit que c'est un Do, t'es vraiment une pro de la tendance, toi'), il s'agit de la transformer en une aide qui vous permettra d'avoir accès à son carnet d'adresses shopping et à ses conseils avisés in situ (au bureau).

La Peltag espère avoir répondu à votre question.


3 commentaires:

Crame a dit…

Mais la stratégie de l'amie ne comporte-t-elle pas le risque de jouer le rôle de simple faire-valoir, véritable plaie pour les usagers de l'amitié et de l'amour ?

Blacksugar a dit…

Bonjour, dans un souci constant de respect aux régles du bon goût et de la tendance, j'aimerais questionner la peltag au sujet du port du sac. J'ai en effet croisé hier, un individu portant un mini sac à dos en simili cuir. Oui, celui qui était en vogue dans les années 90, au moment des totoches. Cet égarement, que je considère moins grave que le port de la banane m'amène a vous demander les usages du port du sac pour homme.
En espérant que ma question suscite l'interêt de la Peltag.
Blacksugar

shiningrubis*** a dit…

Peltag réponse express:
Cher Crame,
Vous avez raison, cette stratégie comporte le risque que vous citez. Cependant, cette stratégie peut être évolutive. Si, dans un premier temps, être en demande de conseils look et constamment féliciter l'autre peut en effet attribuer le rôle de faire-valoir, ce dernier ne devrait être que transitoire. Une fois les conseils assimilés, la garde-robe renouvellée et la confiance en son look rétablie, la relation devrait se rééquilibrer, et peut-être même s'inverser si l'élève arrive à dépasser le maître.
Parfois il faut apprendre à laisser le temps faire son oeuvre, même dans la souffrance, pour enfin vaincre le cruel démon du look.

La Peltag espère avoir répondu à votre question.