mardi 3 juin 2008

Look, bob et risque look calculé

Suite à la publication d'une recommandation officielle de la Peltag sur les couvre-chefs à adopter cet été, un usager de la mode réclame des précisions sur l'un d'entre eux qu'il a trouvé injustement banni :

Je trouve que le cas du bob est traité beaucoup trop rapidement et c'est faire preuve d’un peu de légèreté par rapport à tous ceux pour qui cet accessoire a une réelle importance culturelle (enfants de "madchester" ou autres « ex-Bboys »). Au delà de ces considérations historiques (qui j'en conviens ne peuvent constituer une justification à elles seules), il me semble qu'un bob bien proportionné avec une visière droite (pas gondolée) ne peut être classé dans les DON’T. Bien entendu je ne parle pas ici de bob type « aventurier », de bob « plat », ou autre bob à "motifs surf"…

Il est intéressant de noter l'attachement affectueux que certains usagers de la mode éprouvent pour quelques pièces de garde-robe qui ont pourtant aujourd'hui basculé du côté DON'T, comme le bob dont il est ici question. On peut aisément comprendre que la nostalgie d'une époque ou d'un courant (comme ceux cités ici) poussent à refuser l'idée que certains de leurs symboles soient déconsidérés ; pourtant, il faut savoir faire preuve de réalisme et d'honnêteté intellectuelle.
Et cela vaut aussi bien pour les usagers de la mode que pour la Peltag : si les premiers doivent admettre que le bob, même le moins moche, n'est quasiment jamais flatteur pour celui ou celle qui le porte sans compter la connotation ringarde qu'il a indéniablement prise aujourd'hui, la Peltag doit quant à elle admettre qu'il reste une micro marge de manœuvre pour ceux qui resteraient inconditionnels de ce type de chapeau.

C'est ici une occasion pour parler d'un principe, souvent évoqué brièvement mais peut-être pas suffisamment explicité, qui est celui du risque look calculé. En effet, on établit souvent dans ces bulletins une différence parmi les usagers de la mode en distinguant certains usagers particulièrement téméraires et sûrs d'eux qui sont autorisés voire encouragés à tenter des looks qui pourraient à première vue être prohibés par la Peltag. Ces derniers usagers peuvent s'inscrire en faux contre les recommandations de la Peltag, ce qui leur vaut parfois des louanges, parfois des remontrances. Mais dans tous les cas, la Peltag est reconnaissante à ces usagers dont la tenue, qui peut ne pas paraître évidemment DO au vue des règles de la Peltag, constituent en fait un risque look calculé et contribuent dans un sens comme dans l'autre à l'infirmation ou la confirmation des principes rigides mais évolutifs de la Peltag.

Ainsi, pour revenir au cas du bob, la Peltag maintient sa position et continue à le classer dans la catégorie des DON'T, mais a envie d'encourager l'usager qui nous a écrit à lui prouver qu'un risque look calculé peut être pris en la matière. On imagine par exemple qu'il pourra s'inspirer des influences qu'il cite en créant un look à la limite du too much, à la frontière d'un nu rave (dont les créateurs contemporains ne sont pas si loin du Madchester des Happy Mondays) à la codification symbolique hiphopeuse dans la ligné des fameux BBoys également cités.

La Peltag espère que cette réponse conviendra à cet usager et le remercie de lui avoir donné une occasion d'éclaircir un nouveau concept qui vient étoffer le logiciel de la Peltag.

1 commentaire:

KDE a dit…

Merci pour cette précision sur le risque look calculé.
Je vais encore me saper comme une merde pour aller voir Chromatics samedi après-midi en plein air à La Villette mais bon quand on a comme moi "L'Amour du Risque", il arrive qu'on ne calcule rien ;)

PS : pourrait-on avoir un point mode sur les deux points suivants :
- comment s'habiller dans les festivals d'été ?
- le point sur les lunettes avant l'été : les verres fumés et les surdimensionnées ne sont-elles pas finalement complètement hasbeen ?