mercredi 4 juin 2008

Look et musique moderne

Adapter son look aux circonstances est une préoccupation récurrente chez les usagers de la mode et la Peltag est régulièrement sollicitée pour les conseiller afin de savoir quelle tenue porter en telle ou telle occasion. Ainsi, cette missive nous est parvenue :

Me rendant vendredi soir prochain à un concert de musique moderne et contemporaine (où seront aussi bien joués Malher que Schoenberg) à la Salle Pleyel, je me retrouve à m'interroger sur la manière dont je devrai m'y vêtir :
1/ dois-je m'y rendre habillé comme on peut imaginer que les lieux l'exigent (c'est-à-dire, en gros, black tie)

2/ dois-je m'y rendre habillé de la manière naturellement appropriée que j'ignore et qui ne correspond pas au point 1
3/ dois-je m'y rendre habillé de manière décalée, lookée (fluokid, clochard pointu, guerristyle...)


Voici les réponses de la Peltag :

1/ en 2008, se rendre à un concert de musique même sérieuse comme la musique classique, n'exige pas de tenue de type black tie ni de robe du soir. Cela n'empêche évidemment pas les usagers de la mode qui le souhaitent de faire preuve d'une élégance encore plus grande dans ce genre d'occasion mais il n'est quasiment pas d'exigence imposée ni par le lieu ni par la Peltag. Quasiment, car une tenue de plage ou une tenue de sport sont évidemment exclus.

2/ il n'est donc pas non plus de tenue naturellement appropriée qui conviendrait mieux qu'une autre. Pour peu que les réglementations générales de la Peltag soient respectées, les usagers de la mode ont un large choix de styles de tenue à leur disposition qui conviendraient très bien. Toutefois, il faut s'attendre à ce que les autre spectateurs, qui ne seront sans doute pour la plupart pas des individus sensibles, soient quant à eux si ce n'est tirés à quatre épingles au moins généralement habillés de manière classique et 'élégante' (pour eux).

3/ quant à la recommandation personnalisée que cet usager attend, la Peltag aurait tendance à conseiller ce qui suit : jouer sur le décalage entre son propre look et celui des autres reste une posture valorisante (et d'autant plus intéressante que d'autres individus sensibles pourront potentiellement être présents et constater ce décalage) et la Peltag encourage donc cet usager à miser sur cette carte (qui d'une manière générale est assez efficace et peut être appliquée à d'autres types de circonstances). La question est maintenant de savoir s'il est pertinent ou non de faire un clin d'oeil au MC de la soirée (dont on sait qu'il s'agit de P. Boulez) un arborant un look sériel (traduire à motifs géométriques) ou aléatoire (traduire n'importe quoi, mais c'est sans doute trop subtile). La Peltag pense que oui et pencherait à première vue pour un look qui s'inspirerait des représentations graphiques de la musique de Boulez (même si les œuvres jouées ne seront pas les siennes) en grand (sur un sweat), en moyen (sur une cravate) ou en petit (sur un badge). Le must aurait évidemment été, si le temps n'avait pas été si compté, de tricoter un pull léger (nous sommes le 4 juin) intégrant à la maille un motif de partition originale d'une œuvre. En l'espèce, la Peltag recommande donc la combinaison d'une bichromie très graphique (noire et blanc, comme les touches du piano) avec des motifs très géométriques.

La Peltag espère avoir répondu clairement à la question posée.

3 commentaires:

Emmanuel a dit…

Samedi matin je vais au Sénat pour une conférence sur "l'Europe vue de l'étranger". Je comptais sur mes basquettes blanches trouées pour m'accompagner, mais mon entourage doute de la pertinence de ce choix... Franchement, je serais le seul être humain de 20 ans dans l'assemblée, autant y aller à fond, non?

shiningrubis*** a dit…

Peltag réponse express :
Cher Emmanuel,
en effet, allez-y à fond ! Et s'il est envisageable de poser une question à la fin de la conférence, n'hésitez pas à vous faire remarquer par une question brillante, une formulation pertinente et une élocution parfaite afin que les autres individus présents ne puissent que s'incliner face à 'ce jeune garçon qui avait pourtant l'air sorti de nulle part'.

Anonyme a dit…

Fréquentant régulièrement les salles de concert classique et d'opéra, je puis dire que le fantasme du costume cravate est aussi éventé que celui de la grosse diva.
Il y a bien longtemps qu'aux premières de l'opéra Garnier, le smocking n'est plus de rigueur. La Scala de Milan l'imposait encore certains rares soirs, mais je crois savoir que là aussi l'usage a disparu.
Le public de ce genre de concert est divers : d'une part les locaux (de l'avenue Montaigne au théâtre des Champs Élysées, du quartier opéra à l'opéra comique ou Garnier, du 17e chic à Pleyel, du 16e à la maison de la radio etc.) généralement classe aisée, puissante, et sapée comme on peut s'y attendre, aux premières catégories. C'est la caricature attendue du public classique, avec ses blazers pour les messieurs et bracelets lourds (et bruyants) pour les dames. Ce public perpétue la tradition mondaine du spectacle et ne connait pas grand chose à la musique. Les connaisseurs justement : toute une caste qui se reconnait, issue de la presse, ou étudiants, passionnés et habitués des blogs et forums classiques... Ceux-là se divisent en nerds classiques et en branchouillards. Parmi les messieurs, beaucoup sont des garçons sensibles (on parle par exemple de folle lyrique). Viennent les occasionnels, plus nombreux dans des lieux comme Bastille : des gens qui connaissent mal l'univers du concert classique, qui ne viennent que rarement. Ma tante de province venue écouter la Traviata ou des symphonies de Beethoven.Enfin, il y a les touristes : ceux là se déplacent avant tout pour un lieu (Garnier)ou une grande star du classique (Bartoli, Dessay, Muti...).
La proportion de chacune des catégories dépend du lieu ; l'opéra comique est très guindé, Bastille est très varié, le théâtre des Champs Élysées mélange pédés et locaux...
Mon conseil look : il est très facile de se faire remarque, inutile de pousser les choses. Les plus branchés arborent un look chic et branché propre sur lui/elle très attendu (pédé intello ou étudiantes en lettres), je conseille une tenue pas trop habillée relativement sobre, avec une pointe décalée, que ce soit dans l'accessoire, le choix de couleur, etc. Un brin de décontraction suffit (porter des bretelles par exemple). La Peltag a raison de proposer de jouer avec les codes : les filles pourront porter des talons colorés incroyables sur une tenue noires toute simple.
Penser pratique aussi : il peut faire très chaud dans certaines salles, puis très froid à cause de la clim.