samedi 26 juillet 2008

Débat-Peltag : les expressions interdites

Afin de préparer son livre blanc de la rentrée sur les DON'T des expressions de la langue française, la Peltag fait encore une fois appel aux usagers de la mode afin que ces derniers se prononcent sur les formulations voire mots qu'il est absolument interdit de prononcer.

Exemple : être croc de quelqu'un ; rapport à ; la miss..

Exprimez-vous dans les commentaires avant la fin du mois d'août afin que la Peltag rédige sa synthèse dans les premiers jours de septembre.

Merci d'avance pour votre participation.

37 commentaires:

Flake a dit…

c'est dar
c'es chanmé
téma le keumé

Crame a dit…

(j'adore l'haïku ci-dessus)

mlle chat-chat a dit…

parce qu'il n'y a pas que le verlan cheumé qui est DON'T, je propose un panel d'expressions "bien de chez nous":
"ça tombera pas plus bas"
"pleure pas t'es pas un monstre"
"rond comme une queue de pelle"
"tu l'as vu celle là? ça va tomber!"
"pleure, tu pisseras moins ce soir"....

et dire que mes parents les utilisent encore....

Anonyme a dit…

la locution "malgré que", au sens que de "bien que", n'est pas incorrecte mais vraiment très moche.
"Par contre", même chose.
Je suis contre "être croc/raide/dingue".
Le verlan me semble à proscrire pour les expressions les plus répandues et entendues mille fois comme "meuf", "à donf", mais je pense que son usage peut être recommandé sur les mots où on l'attend le moins, afin d'ajouter une touche oulipienne au discours.
En outre "ouais je remonte sur Paris" se répand comme la peste (je le dis aussi) mais ça me gêne un peu. On est/va "à Paris".

Farouchement DON'T : "kikoo" et tous les OO à la place de OU, le langage SMS.

Piddles a dit…

Les "lol" et autres "mdr" oraux (oui oui, certains osent), même écrits d'ailleurs... Ainsi que l'expression "je me tâte" que j'ai toujours trouvée affreusement vulgaire et répugnante.
Puis, dans le fond, tout ce qui maltraite la langue française au nom d'un "progrès de la langue" où toutes les fautes, qu'elles soient orthographiques ou de goût, sont les bienvenues. En ce sens, je suis tout à fait d'accord avec l'anonyme de 10h02 : non au langage sms (et selon moi, l'on devrait même l'interdire dans les sms mêmes).
In fine, les anglicismes : ni pour ni contre. Un discret "fuck" ne me semble pas à proscrire quand on se tord la cheville, mais il faut cependant bien faire attention à ne pas tomber dans une parodie de K-maro (peut-on parodier une parodie ?), et ne pas en arriver à des "hey boy ? Dis, on s'est pas vu yesterday soir ?", souvent signes qu'on ne maîtrise justement pas l'anglais du tout.

PatCo a dit…

Je connais des gens genre ComitéCentral qui militent contre la Bastoche, le Boul'-Mich', Ménilmuche, et autres expressions de Maurice Chevalier d'avant la Collaboration.

Est-ce qu'il n'y a pas un problème vaste qui est celui de l'expression tout faite: à chaque situation son expression, à chaque verbe son complément d'objet, à chaque nom son épithète.
Exemple: - "ça va comme un (lundi)"
- "un sujet brûlant" (expression utilisée par la PELTAG elle-même dans son cahier des charges).
- "il fait un temps superbe" (dit-on plus jamais: il fait un temps éblouissant, le temps est délicieux, etc.?)
La langue se proverbialise. Elle devient aussi pénible et sotte, dans son ensemble, que chaque proverbe pris individuellement.

Pipi De Frèche a dit…

Quelques frenchies imitent leur facebook friends en utilisant le mot "gay" comme un synonyme de "moche" ou "nul".

S'il est vrai que les espaces gay peuvent être tout aussi moches, nuls, excluants, machistes, et anti-queer, que l'empire hétérosexuel, utiliser le terme "gay" avec une connotation péjorative lorsqu'on est hétérosexuel est un don't éternel.

pseudo linguiste pédé pédant a dit…

"gay" est plutôt DON'T pour les pédés aussi, à mon avis. "Pédé" est DON'T pour les hétéros. Je vote DO pour "garçon sensible" et "inverti".

Le problème des expressions soulevées par monsieur PatCo, est intéressant ; il faudra y distinguer les proverbes, les syntagmes liés formant un terme (succession de mots figée: "un nuage de lait") ou les simples collocations courantes ("un temps surperbe" n'est pas aussi figé).
Les collocations n'ont rien d'obligatoire et il est en effet recommandé de jouer le décalage ou l'effet de surprise. Je ne pense cependant pas que le langage se proverbialise, c'est sans doute l'effet de l'envahissement de textes marketing écrit par des incompétentes médiocres et analphabètes, et d'un style journalistique bourré d'expressions figées (les policiers découvrent toujours un "véritable arsenal", par exemple).

Pour ma part, j'aime utiliser deux trois mots ou expressions et les surutiliser jusqu'à la corde, pour investir de nouveaux champs expressifs et mettre à l'épreuve les différents sens attribuables. Les expressions toutes faites sont justement de bons cobayes. Ex pratiqués : "hystérique", "ça va", "écoute", "tout ça", "ou bien" "ou quoi", "c'est limite", "pute", "être comblé".

Bref, tout ça pour dire qu'il est souvent difficile de condamner strictement telle ou telle expression ; on ne saurait extraire un mot de son contexte, car l'interlocuteur, le registre, la situation sont déterminants pour juger de la bienséance de l'usage. Par exemple, "Tu kiffes cette meuf ?" est Don'tissime – encore que tout dépend de qui le dit et du ton, mais "Me kiffez-vous ?" est un usage suffisamment étrange et décalé pour que je le trouve tout à fait recommandable.

Matthieu a dit…

"Pleure pas t'es pas un monstre"

Ce qui me scandalise dans cette expression, c’est l’injonction de ne pas pleurer.
Injonction, souvent émise sans proposer de compensation et ne servant qu’à protéger l’ami/le parent témoin des pleurs.
Témoin, qui préférerait sans doute écouter des blagues sur les blondes et qui demande a son soit disant ami/parent de cesser de geindre comme on essaye d’écraser un moustique pour se débarrasser du tzzziztzzaiment gênant.
« Pleure pas t’es pas un monstre » est un DON’T, avant tout, par son manque d’humanité.

Je propose donc dans une démarche « win-win » de remplacer l’expression par « Pleure pas je vais te filer du pognon ».
Ainsi le pleurant s’enrichit et le témoin vie en paix.


Conclusion :
Il y a plus de DON'T du sens que de DON'T de la forme. Il n'en reste pas moins que je rève d'un monde ou plus personne ne dirait "A savoir".

mlle chat-chat a dit…

non au vieux/vieille à outrance:
"je me suis pris un vieux vent"
"regarde moi cette vieille meuf"

également don't listés:
vénère
mortel
allu
ken

et puis, d'un point de vue plus personnel, je ne supporte pas le mot yogourt (mais j'en ignore la raison)

Anonyme a dit…

j'ai beaucoup de mal avec le mot "soupière"...

Crame a dit…

"Meuf, t'es ronde comme une queue de pelle avec ton vieux look tout gay, lol. Pour autant, je suis raide de toi. T'es mon sujet brûlant, yesterday comme today. Limite, tu me rends hys-té-rique, ou bien. J'peux pas attendre de remonter sur paname pour te voir, mais toi, me kiffes-tu donc ?"
Perso, j'adore.

de_rebecca a dit…

Je suis pour ma part adepte d'un langage contrasté, alliant constructions de phrases inspirées des romans du XIXeme dont je suis impregnée, et vocabulaire ample, du châtié au très vulgaire. Un champ cepandant est totalement exclu de mon spectre: le "vocabulaire de collegues de travail", incluant l'expression "au final" et le dejà cité "comme un lundi", ainsi que le franglais de cadre marketing.

zora a dit…

l'expression "friser", utiliser dans un contexte comme "tu as vu son chapeau, cela frise le ridicule!", les expressions "soupe au lait" et "flanc mou" ainsi que le mot "portion" seraient à proscrire, peu importe la circonstance. et ce, pour des raisons uniquement reliées a la prononciation de ces expressions/mots.

zora a dit…

par contre, je ne suis pas certaine que l'expression "flanc mou" soit utilisée en france, tout comme "s'asseoir sur son steak" (qui serait aussi à prohiber)...

palast a dit…

au jour d'aujourd'hui, à l'heure d'aujourd'hui, sont des expressions pénibles.

Anonyme a dit…

"incessamment sous peu"

Alicia a dit…

Il y a quelques expressions vieillottes que j'emploie régulièrement même si je sais que je ne devrais pas : 'ça tombera pas plus bas', 'ça va, on est pas en sucre' (quand il pleut). Je m'en veux.

Mais faute avouée à moitié pardonnée, non ?

Aussi, je déteste les mots qu'on emploie comme synonyme de photo : tof ou pics.

Tieri a dit…

1- Les fautes : DON'T... mais que celui qui n'en fait jamais "me jette la première pierre"

2- Les expressions bien franchouillardes ou intégrant de l'argot ne sont à mon sens pas toutes DON'T. Par exemple, j'aime bien "Péter un boulard" ou "Se tirer une bastos".

3- Les expressions qui induisent une action sale ou utilisant des termes vulgaire pour dire quelque chose de simple peuvent être drôles mais elles sont souvent DON'T, car elles traduisent une idée de violence dans l'acte. Ex : "Démouler un cake", "cracher sa valda", "cracher son venin", "fermer son claque-merde"

4- Petite liste non exhaustive de locutions redondantes et tics de langages abominables :

- "Tu vois" ou "Tu vois ce que je veux dire ?"
- "Car-ré-ment jean-jean !"
- "Tu m'étonnes !" et sa variante improbable : "Tu m'Elton... John"
- "C'est Chelou". Ou pire : le dire en chantant comme Zaho !
- "Mate-moi ça"
- "Chanmé" (qu'on devrait écrire Chammé, puisque devant B,M ou P on met un M à la place du N)
- "vas-y"
- "en fait"
- "tu sais"
- "en tous cas"
- "...,quoi" (en tant que ponctuation de fin de phrase)
- "typiquement,..."


5- Beaucoup veulent aussi mettre leur propre expérience trop en avant par des :

"moi je..."
"enfin, moi je..."
"oais, mais moi je..."
"hun hun, et moi, la dernière fois j'ai..."
"mais attends, attends, parce que moi j'ai..."
"oais, et moi... oais.. mais moi... mais moi j'ai..."



==> Personnellement, en ce qui me concerne, je les ai déjà toutes dites au moins une fois. Je dirais donc que ce qui est Don't, c'est de ne pas s'en rendre compte. Inversement, c'est Do de s'en amuser.

Sinon, je milite pour l'utilisation du point virgule ; la ponctuaction chic mise de côté dans notre belle langue écrite. Et tout le monde ici semble KIFFER les outsiders, alors, utilisons-le...

Anonyme a dit…

"Oulàlà, elle s'est prise pour l'assistante de Mis Monde??"

"Elle est super grossière, on va lui offrir le bouquin de Nadine de Rotschild!"

"Elle manque pas de toupet, elle"

"Comme il fait son petit pan!"

"J'en peux plus des dindes!"

Et autres expressions de volatiles hystériques...

Benjamin a dit…

"Porter la culotte."

"Jeter un pavé dans la mare."

"Allons-y Alonzo."

"Etre à 120 %" (et tous les pourcentages supérieurs à 100)

Le mot "chaudasse", dans n'importe quel contexte.

"Se mettre le doigt dans l'oeil."

"Dîner aux frais de la princesse" (et tous les autres repas de la journée : goûter, petit-déjeuner, déjeuner, encas).

"A la louche."

"Revenons-en à nos moutons."

linèce a dit…

'' C'est que du bonheur''

Très très vilain. A n'utiliser que si on travaille à TF1 (voire à M6).

Alicia a dit…

Et un autre :

grosso merdo.

Mathieu a dit…

Et qui n'a jamais entendu le language des markettings?
Une sorte de "fran-glais" ponctué de "globalement" "debriefing" "briefing" "on est focus là je pense"

ces gens m'horripilent à placer minimum 4 mots d'anglais dans une phrase de 7 mots; ce qui donne en fin de "briefing" un mal de crane nauséeux et une incompréhension totale du "topic" de la "conference-call" ....
Si vous voyez de quoi je parle ;)

Crame a dit…

A réhabiliter : les argots corporatistes et autres argots désués comme le louchébème (à condition qu'il soit parlé par des gens du marketing et pas des bouchers, bien sûr) et le javanais.

tieri a dit…

En vrac :

DON'T : Y aller avec sa bite et son couteau / DO : s'aguerrir fièrement

DON'T : Wesh Cousin / DO : Salut mon bourricot

DON'T : Le programme télé de closer / DO : Le dictionnaire

DON'T : Ralalaah les boules ! / DO : Sympa les huitres !

DON'T : le petit couinement en aspirant entre la joue et la gencive style antillaise vulgaire / DO : le clin d'oeil

Maurice Druon a dit…

Bonjour, nous sommes d'accord, il faut mettre fin à la décadence de la langue, qui devient ausi sotte et idiote, comme ceux qui l'utilisent.
Rejoignez les forces de défense de l'orthographe de clef avec un -f et ceux qui savent utiliser 'faire long feu' a bon escient sur mon blog,Momo-kiffe-le-francais.biz.

Anonyme a dit…

"faut pas pousser mémé"

" c'est clair"

"tsais"

"grave"

"ouaip"

" à la tienne Etienne"

" et patin coup fin"

"on est pas à ça près"

et tout les trucs qui viennent du ghetto pseudo racaille comme :
chanmé
sevi
wesh
crari
le seum
azi

enfin les mots indéfinissables mais qui ont pour certains UN SENS ?

enfin je suis d'accord, dans un emploi détourné à usage humoristique, ceux ci peuvent representer un DO !

Anonyme a dit…


on écrit "patin couffin"
Je ne suis pas pour le Don'tissement de "grave" ou "trop", et n'ai rien contre "ouaip".

LaPrincesse a dit…

Quand j'entends quelqu'un dire "c'est que du bonheur" j'ai envie de le passer au lance flammes.

Et puis le langage "djeuns" et son compère le langage SMS : kiffer, mater, meuf, relou, chelou...

Anonyme a dit…

"Etre à 120 %" (et tous les pourcentages supérieurs à 100)"
--> "être à 100%" c'est déjà horrible.

"Juste trop", "définitivement", "choqué", "je reviens vers vous", "sur Paname" (encore pire si on est "sur" une ville de province et doublement re-pire si on désigne cette ville par une abbréviation : "Montpel"...), "checker", "je sais pas c'est qui", "testage".
"Aventure", "drame", "choqué" si on est sur TF1
"C'est que du bonheur"
"!!!!!!!" et autres "LoOl", "kikOo" et "la miss", "du+ code postal" comme patronyme, "aimer d'amour"...
La liste est longue.
En revanche, j'aime le verlan.

Anonyme a dit…

Et aussi "charmante", "stressant", "effectuer", "au sens...", "se faire des mamours" (j'en ai des frissons), "une demoiselle", "à l'inverse", "rencontre amoureuse", "basé sur", "incontournable", "célibattante", "trop c'est trop", "la faute à qui?", "c'est cadeau", "davantage" comme adverbe, "ça défoule"...

Morgan a dit…

Pour reprendre quelque propos de l'abbé Pierre: on ne possède que les mots dont on saurait se passer.
Autrement dit, les mots glissés à notre propre insu sont évidemment à bannir.

D'autre part, les expressions toutes faites, soulignées d'un discret rictus,
peuvent être d'une exquise "croustillance" (à condition de ne pas l'appuyer d'un gras et lourd "c'est le cas de le dire")

Anouck ou madmoizelrimbaud a dit…

Totalement d’accord avec de_rebecca qui propose un savant mariage de quelque expression de l'ancien temps et d’un vocabulaire très actuel (voire vulgaire, même si celui-ci doit être utilisé avec grande parcimonie).

Je conseille particulièrement deux tournures qui me sont chères telles que l’usage du mot « quelque » au singulier qui donne une désinvolture tout à fait délicieuse au locuteur ainsi que le placement du C.O.D avant le verbe comme dans l’exemple suivant:

"Mme de Clèves se souvint d'avoir dit qu'elle aimait le jaune, et qu'elle était fachée d'être blonde, parce qu'elle n'en pouvait mettre."


Comme l’ont déjà dit bon nombre d’usagers, utiliser malgré nous des expressions que l’on pourrait pour la plupart nommer « expression-ponctuation »
(« t’sais », « tu vois » (et pis encore son participe passé « t’as vu »), « quoi ») est totalement don’t.
Cependant il me semble que trop brider nos paroles pourrait également constituer un risque si cela venait à nous donner « une intonation aussi peu naturelle que celle d’un professeur de diction » (je cite Nabokov)

de_rebecca a dit…

Anonyme du 29 aout 17h35 à bien raison de citer "celibattante" parmi les "don't"...il me semble que sont à proscrire tous les neologismes formés de le contraction de plusieurs noms dont les sens associés sont censés (putain l'allitération!) définir un concept émergent.

Autre type de formule qui me donne envie de mourir: l'adjectif apposé à un nom de chose: "achat gagnant" "plaisir gourmand" "choix malin"...d'ailleurs le mot "malin" va devoir disparaitre longtemps avant de pouvoir prétendre à réhabilitation

Anonyme a dit…

DON'T ULTIME : "LES GENS" pour parler de personnes présentes.

DON'T : "J'dis sa, j'dis rien"

Anonyme a dit…

Je suis si enthousiasmée par ce débat! Il fut un temps où j'employais des termes que certains ont qualifié de "guetto pseudo racaille" alors que je me rendais chaque jour dans le VIIIeme arrondissement de Paris pour passer mon bac, mais c'était certainement DO à l'époque.

J'ai en effet découvert cette année, avec stupeur, que ce langage s'était propagé jusqu'au jardin du Luxembourg, parmi les frêles jeunes filles en fleur à spartiates dorées. Quel ne fut pas mon effroi de les entendre prononcer le mot "meuf" un nombre incommensurable de fois dans la même phrase, si souvent employé par moi dans le passé...

Cette année en revanche,j'ai eu l'occasion de m'initier à un langage plus châtié, toujours mesuré et agréable. Je préconise néanmoins un savant mélange d'expressions relevées, gracieusement piquantes d'élégance mêlées à des termes plus vulgaires au sens propre du terme, disons à un vocabulaire supposément "frais", afin d'ajouter au discours une appréciable touche décalée .